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Résultat de nos angoisses profondes de destruction de l’écosystème, la Nature, qui s’était longtemps éclipsée de l’art contemporain, revient en force. Paysages, plantes, forêts, arbres, nuages, montagnes, et même marines et fleurs, partout on voit refleurir le sujet du rapport au vivant dans les arts, et singulièrement en peinture.

Art Paris, le Centre Pompidou, et de multiples initiatives publiques et privées abondent dans cette recherche d’un lien retrouvé, voire militant. Les concours s’orientent dans cette direction « engagée », de l’art de commande. Eternel sujet que celui de la place des artistes dans les discours politico-sociaux d’une époque. Moi qui crois en l’art avec un grand A, je doute néanmoins qu’une toile sauve la planète, mais je suis sûre en revanche que nous avons un besoin éperdu de nous entourer d’une vision précieuse et forte d’artistes qui vivent le lien avec le paysage comme un besoin intime, et donnent une interprétation personnelle qui permet de nouveau de ressentir la continuité du vivant. Celle qui nous échappe et que nous tentons désespérément de rétablir par nos choix de consommation, de loisirs, professionnels ou bénévoles, avec le sentiment très noir que ce n’est plus vraiment possible.

Marie-Jeanne Caprasse et Clément Montolio sont de la trempe des peintres qui vous font voir le paysage avec leurs yeux. Ou plutôt, leur imaginaire, leurs couleurs, leur touche, bref leur univers. Vous ressentez la vibration de leur peinture comme on plonge dans le rêve, suspendus à la frontière du réel et de l’irréel. Car tous les deux à leur manière, et ce depuis des années, font de la Nature le refuge du fantastique. Pas du légendaire, paysages habités de présences étranges et romantiques. Non. Pas du surréalisme, qui réinventerait l’environnement en le transformant en sujet, en exercice. Mais en rappelant à chacun, via une accélération de la perception, très légèrement déformée chez Montolio, furieusement organique chez Caprasse, que la Nature EST fantastique… Par nature. Qu’elle est foncièrement teintée d’étrangeté. Qu’elle trouve dans sa beauté et ses lois sa propre substance, évolutive, grandiose, mystérieuse. Et qu’on peut, comme Montolio, en être saisi, comme une vision paradisiaque teintée d’un léger spleen, comme l’écho solitaire de nos rêves de liberté. Ou qu’on peut être aimantés comme chez Caprasse, tout à coup incapables d’établir une frontière entre ce monde et nous. La profusion de couleurs et de motifs semble faire croître les éléments de sa toile comme des êtres vivants et évolutifs, vibrionnant d’énergie organique, sensuelle, fascinante.

La vie est magique, et nous survivra, le paradis est sur terre, il est là à portée de mains, de pieds, et de regard. L’émerveillement des enfants est une sagesse. La peinture de Caprasse et Montolio ramène à ce degré d’humilité, avec une maîtrise cultivée et une distance intelligente. La nature n’est ni extérieure ni un sujet, elle est en nous, nous sommes la nature, et notre vision peut nous permettre de retrouver le lien imaginaire brisé. Car nul rafting, nul bain de soleil, nul manifeste ne pourra recréer ce lien intime qui nous fait exister non pas dans la nature, ou pour la Nature, mais a contrario fait vivre et ancre la Nature en nous.

Exhibited artists

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Marie-Jeanne Caprasse

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